Partager l'article ! Gaëtan Gorce: «Le mal qui gangrène le PS, ce sont les courants»: Le député socialiste de la Nièvre craint que le dispositif de dés ...
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Mardi, Arnaud Montebourg présentait aux membres du Bureau national du PS, son « rapport d’orientation sur la rénovation du parti ». Pour Gaëtan Gorce, député de la Nièvre proche de Ségolène Royal, les primaires et le non-cumul des mandats ont éclipsé un autre sujet évoqué par Arnaud Montebourg dans son exposé (pp. 20 à 22). Un sujet qui l’inquiète au plus haut point et qui concerne le mode de désignation du Premier secrétaire. Jusqu’à présent, les militants étaient appelés à participer à deux scrutins. Un vote sur les motions suivi d’un vote de désignation de leur Premier secrétaire. Désormais, il est proposé que ces deux deux scrutins ne constituent plus qu' « un seul et même vote ».
Marianne : Vous voyez dans le dispositif préconisé par Arnaud Montebourg pour désigner le Premier secrétaire du parti une « régression », un renforcement du « rôle pernicieux des courants » ?
Gaëtan Gorce : Le mal qui gangrène notre parti, ce sont les
courants. Leur représentation à la proportionnelle garantit des « rentes de situation ». On l’a vu lorsqu’il a fallu attribuer des places sur les listes aux élections régionales
et européennes… Ce qu’il faut, c’est que le Premier secrétaire soit dégagé totalement de l’influence néfaste des courants et qu'eux-même reviennent à leur rôle initial : des courants
d’idées. Ce qu’il faut, c’est rendre le pouvoir aux militants. C’est d’ailleurs ce qu’avait permis Lionel Jospin en autorisant les militants à désigner directement leur Premier secrétaire
et à n’importe lequel d’entre eux de se porter candidat. C’était une avancée.
Mais on ne peut pas dire que le dispositif actuel hérité de Lionel Jospin ait empêché les luttes entre courants ?
G.C. : Ce n’est pas un système idéal. Le Premier secrétaire
est élu après le congrès. J’ai toujours considéré qu’il fallait qu’il le soit avant. Ça lui permettrait de bénéficier d’une certaine légitimité en arrivant au congrès qui ne doit en aucun
cas servir à laver son linge sale en famille. Aujourd’hui, les congrès du PS sont devenus des procès d’intention à ciel ouvert. En faisant ça, nous fournissons des arguments à nos
adversaires.
Malgré tout, ce que propose Arnaud Montebourg a le mérite de clarifier les choses, de les rendre plus cohérentes : il n’y aura plus déconnexion entre candidat et orientation.
G.C. : Contrairement à ce qu’on dit, le PS est de plus en plus
homogène. Prétendre que les motions seront porteuses d’orientations différentes est faux. On est dans l’affichage et pas dans le débat de fond. Les différences existent surtout entre des
personnalités. Le congrès de Reims l’a montré. Pour les questions de fond, on pourrait organiser des conventions thématiques comme
nous le faisons actuellement.
Vous craignez également que les primaires n’aient pas lieu. Pourtant la décision de Ségolène Royal — dont vous êtes proche — de se rapprocher de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn pourrait conduire à ce genre de scénario. Du moins, les primaires pourraient-elles perdre de leur sens s’il n’y avait qu’un seul d’entre eux pour se présenter ?
G. C. : Je suis proche de Ségolène Royal, mais je suis quelqu’un de libre et autonome dans sa parole. Je pense qu’en faisant ça, elle a très bien agi. Elle met fin à la guerre des chefs. C’est une démarche intelligente, une démarche apaisante. Mais ça ne doit pas être un prétexte pour supprimer les primaires...