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Ségolène Royal persiste et signe. Ele a redit hier sa volonté de travailler dans l'unité et se dit prête à se sacrifier.
Le « parlement » du Parti socialiste doit valider mardi les modalités de ses futures primaires présidentielles, que le premier secrétaire du PS Martine Aubry présente comme un modèle de
rénovation après la procédure quelque peu improvisée de 2006 qui avait débouché sur la désignation de Ségolène Royal. Selon le président de la commission de rénovation socialiste, Arnaud
Montebourg, les primaires devraient avoir lieu à l'automne 2011 avec dépôt des candidatures fin juin. « J'ai dit que j'étais prête à m'intégrer dans un dispositif collectif sans être forcément en
première ligne », a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007, appelant le parti à éviter une « guerre des chefs » fratricide.
Selon un sondage CSA, les Français approuvent le principe des primaires : 43 % d'entre eux disent qu'ils iront « certainement » ou « probablement » voter pour choisir le candidat présidentiel du
PS. Avec 33 % des intentions de vote, Dominique Strauss-Kahn apparaît comme le grand favori du processus. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) devance largement Martine
Aubry (12 %) et Ségolène Royal (10 %), qui elles-mêmes creusent l'écart avec François Hollande et Manuel Valls (4 % tous les deux).
Dimanche, après s'être éloignée des affaires socialistes, Ségolène Royal a repris pied dans la compétition en annonçant paradoxalement qu'elle était prête à « faire le sacrifice » de son ambition
personnelle pour faire gagner le PS en 2012. Une technique déjà éprouvée à l'automne 2008, quand la présidente de la région Poitou-Charentes avait mis sa candidature à la tête du PS « au
frigidaire » pour s'assurer le soutien de plusieurs barons du parti avant le congrès de Reims. « Ce que je veux », a-t-elle expliqué vendredi, « c'est que les primaires ne s'organisent pas autour
d'un combat de personnes » sinon le PS ira à l'échec comme en 2007.
« Martine, Dominique et moi-même, je crois qu'on a la responsabilité de se parler pour savoir autour de quel projet cohérent […] rassembler les Français, de la gauche radicale aux centristes
humanistes et aux déçus de Nicolas Sarkozy », a-t-elle défendu. « Dans pacte, il y a le mot paix », a-t-elle fait valoir hier, en allusion à l'entente qu'auraient conclu Dominique Strauss-Kahn et
Martine Aubry en vue de 2012 - un dispositif dans lequel elle entend prendre toute sa place. « Elle n'est pas sur le mode ''je m'efface''. Elle veut mettre son poids politique au service d'une
victoire », explique son porte-parole, Guillaume Garot.