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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 23:00

 

Au fur et à mesure que les listes pour les prochaines élections régionales sont publiées, un aspect particulier dans la composition de ces listes m’interpelle. Cet aspect est celui de la parité homme-femme. Je n’ai à ce jour, et dans quelque élection que ce soit, vu appliquée la règle selon laquelle une personne sur deux de la liste doit être une femme. Les parties politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche, préfèrent payer des amendes plutôt que d’appliquer cette règle de la parité. Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Les mentalités évoluent, les consciences aussi, mais pas l’image de la femme dans la société.

 

Une vision dégradante de la femme.

 

Que ce soit au travail, en politique, ou encore dans la sphère privée, la femme est toujours traitée comme un être inférieur à l’homme. Les théories les plus folles de l’Histoire, ont pu démonter que si la femme n’était pas traitée d’égal à égal par rapport à un homme, c’était parce qu’elle était considérée comme moins intelligente que l’homme. Est-il nécessaire de rappeler que toutes les études en la matière montrent clairement qu’une femme réussit mieux ses études qu’un homme ? Faut il également rappeler que la vision de la femme de voir les choses est très différente de celle d’un homme et beaucoup plus élaborée ? Assurément, la question de la responsabilisation de la femme n’a pas lieu d’être discutée. La femme a clairement un sens inégalable des responsabilités par rapport  à un homme. En effet, on ne compte plus les femmes qui doivent assumer seules les tâches ménagères et leur travail. Si cette tendance tend à s’inverser depuis une dizaine d’années, cela étant tout simplement du à une plus juste répartition des tâches au sein d’un ménage, les progrès ne sont pas suffisant. Hormis les quelques cas rares des hommes assumant seuls les tâches ménagères au sein du ménage, le phénomène reste beaucoup trop marginal pour être suffisant et à la hauteur des enjeux.


La société dans laquelle nous vivons fait difficilement davantage confiance à une femme qu’à un homme. Pourtant ce n’est pas faute de leurs capacités… Si la femme parvient davantage à s’émanciper financièrement de son mari qu’il y a quelques années, son émancipation matérielle est loin d’être atteinte. La femme reste entièrement dépendante de son mari pour tout ce qui ne relève pas des activités qu’elle peut assumer seule. Cela concerne notamment les tâches ménagères dites lourdes pour l’essentiel.


Pourquoi et au nom de quoi devrait-on faire davantage confiance à un homme qu’à une femme pour un poste de travail équivalent ? Cette situation n’est plus possible. Les exemples démontrant le contraire sont nombreux, d’Anne Lauvergeon PDG d’Areva, à Ségolène ROYAL présidente de région, en passant par les femmes nommées ministres. Il ne faut pas promettre aux femmes que la situation va changer, elle doit changer. Faisons confiance aux femmes, sachons leur donner les moyens de leur émancipation la plus totale de l’homme. L’égalité fait partie des principes fondamentaux de notre République, appliquons là.


En matière politique, plutôt que d’infliger des sanctions financières aux partis ne respectant pas la règle de la parité, contentons nous de brandir la menace de l’invalidation de la liste si la parité n’est pas respectée. A ce titre, il serait judicieux et nécessaire de faire inscrire dans le code électoral une disposition sanctionnant la liste qui ne respecte pas la parité par un refus de valider la liste. Cela conduirait ni plus ni moins qu’à une véritable application de la loi sur la parité, mais aussi participerait au renouvellement des générations politiques, ô combien nécessaire.


En matière de travail, il convient d’instaurer un mécanisme de sanctions financières proportionnelles appliquées aux entreprises n’employant pas au moins 40% de femmes dans leurs effectifs. Une telle disposition serait en l’espèce purement rétroactive, en obligeant toutes les entreprises quelles qu’elles soient à embaucher prioritairement des femmes, plutôt que des hommes. J’ai bien conscience que dans la pratique ce type de disposition serait difficile à appliquer, ce qui m’amène à faire une seconde proposition. L’idée serait de mettre en place un mécanisme de gratification financière pour les entreprises qui emploient au minimum 45% de femmes. Cela se marquerait soit par des diminutions de charges patronales, soit par une  prime versée par l’Etat à ces entreprises, dont l’utilisation serait dédiée à l’amélioration des conditions de vie au travail des femmes au sein de l’entreprise. Il y aurait bien évidement un contrôle de l’Etat sur l’utilisation de cette prime, c’est-à-dire un contrôle suspensif, retirant l’allocation de la prime si cette prime n’est pas utilisée pour le but qu’elle tend à satisfaire.


De plus, une réflexion nouvelle me vient à l’esprit. Pourquoi ne pas inclure dans les contrats de marchés, une clause pouvant attribuer par préférence un marché à une entreprise plutôt qu’à une autre ? Et cela sur le même modèle selon lequel des contrats sont accordés par préférence à une entreprise plus engagée écologiquement qu’une autre. Une telle disposition contribuerait à responsabiliser les entreprises, en les incitants à modifier la répartition de leurs effectifs, plus équilibrée entre l’homme et la femme.


J’entends déjà les critiques selon lesquelles ce type de mesures contribuerait à créer ce que j’appelle une discrimination positivo-féministe dans la société. Pour autant, si le principe de la discrimination positive était très critiqué lorsqu’il a été mis en œuvre (et il le reste encore fortement), le but de telles dispositions ne pourrait que tendre vers ce but d’égalité selon lequel toute personne doit être traitée de la même façon qu’une autre, et cela sans considération de son sexe. Le sexe de la personne ne peut à lui seul constituer un motif légitime de discrimination au sein de notre société.

 

La femme-objet : une conception qui doit disparaitre.

Depuis fort longtemps, et à regret, la femme est traitée comme inférieur à l’homme, voire même de plus en plus comme une sorte d’objet. Il n’est en effet par rare de distinguer au sein de notre société des comportements dégradants pour la femme. Dans les faits, il s’agit de la femme regardée avec une extrême insistance dans la rue par un homme, à la femme utilisée uniquement pour assouvir les désirs d’un homme.


Ce type de comportement, heureusement marginal au sein de notre société, traduit un manque profond de sensibilisation aux valeurs de la République. Traiter une femme avec irrespect, avec dédain, avec mépris, n’est pas quelque chose d’acceptable dans notre société. Malheureusement, il n’existe aucun mécanisme pouvant empêcher ce type de comportement. Il faut certes le dénoncer, mais aussi et surtout sensibiliser l’homme à ce type de comportement intolérable. Ce type de comportement entraine une frustration intérieure de la femme, qui en se dit ni plus ni moins qu’elle est traitée comme un objet, comme une chose dont on se sert lorsqu’on en a besoin. Une honte. Si on ne peut pas instaurer un délit pénalement répréhensible de dédain et de manque de considération envers la femme, il convient d’éduquer les consciences masculines à ces comportements inacceptables. Dénoncer, mais aussi faire culpabiliser l’homme de ce qu’il a pu faire de mal, et lui faire comprendre que la femme ne peut être traitée comme ce que j’appelle une chose-objet. 


Il faut donc se battre pour une vraie égalité homme-femme dans notre société, et faire de la femme un être humain reconnu à se juste valeur pleine et entière.


Adrien RAMELET, AnimateurDésir d'Avenir Strasbourg-CUS : BLOG DA67

Par Jeunes d'Avenir 76 - Publié dans : Opinions publiques - Communauté : Désirs d'avenir
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