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Icône de la « vague rose » aux élections régionales de 2004, Ségolène Royal semble en mesure d'être confortablement réélue à la tête de la région Poitou-Charentes mais le scrutin de mars comporte de nombreuses inconnues pour l'ancienne candidate présidentielle.
Dans une région qu'elle a érigée en « rempart contre la politique de casse de la droite », la dirigeante socialiste affronte le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, confronté à
une mission quasi impossible. Selon un sondage OpinionWay publié par Le Figaro lundi, Ségolène Royal devance l'UMP de quatre points au premier tour avec 34 % des intentions de vote. En cas de
duel au deuxième tour face à Dominique Bussereau, elle serait réélue avec 58 % des suffrages. S'il fait mine d'y croire encore, ce proche de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui
dirigea la région de 1998 à 2002, s'est toutefois bien gardé de promettre qu'il quitterait le gouvernement en cas de victoire. « Une élection n'est jamais pliée », répète Dominique Bussereau. «
Il y a six mois, tout le monde donnait Ségolène Royal gagnante au premier tour mais aujourd'hui l'écart se resserre », assure Olivier Chartier, qui dirige sa campagne dont le début a été ponctué
d'étincelles qui illustrent l'importance de l'enjeu.
L'équipe Royal promet de son côté une campagne « sereine, dynamique et joyeuse » et veut faire du Poitou-Charentes « l'une des premières régions écologistes d'Europe ». A deux ans de la prochaine
élection présidentielle, l'ex-candidate à l'Elysée doit réaliser le meilleur score possible pour avoir une occasion de rebondir sur la scène nationale, qu'elle a délaissée depuis l'automne. Pour
cela, Ségolène Royal a joué à fond la carte de l'ouverture, bâtissant, à l'échelle régionale, la large coalition qu'elle estime indispensable pour l'emporter en 2012. Elle a attiré sur ses listes
des élus Verts, alors qu'Europe Ecologie a décidé de faire cavalier seul au premier tour, et des membres du MoDem, au grand dam du dirigeant centriste François Bayrou et de la direction du PS. De
plus, trois syndicalistes, dont deux membres de la CGT venus d'entreprises en difficulté de la région - Heuliez et New Fabris - figurent en position éligible.
Son entourage jure qu'elle n'est pas obsédée par la course à l'Elysée dans cette campagne mais l'argument permet surtout de déjouer le piège de la droite, qui accuse Ségolène Royal de se servir
de la région pour d'autres ambitions.
Source / Paris Normandie